Un parcours riche de passions mais aussi de réflexions, de lectures, d'écritures, de créations, de recherche et de découvertes.
Sommaire
Dès son plus jeune âge, Marcus a baigné dans un environnement artistique, intellectuel et esthétique aux parfums de Provence..
Une mère peintre et écrivain, s’intéressant beaucoup à l’Histoire. Un père potier, docteur en archéologie. Tous deux lui ont beaucoup apporté sur le plan de la créativité. Toutefois, Marcus s’entraîne tous les jours pour rester lui-même ..
Marcus a vécu à Vallauris, située sur la Côte d’Azur.
Vallauris est renommée pour sa poterie; aujourd’hui encore elle attire artistes et touristes pour explorer ses ateliers de poterie, ses galeries et ses musés.
Puis il s’est installé dans le département des Alpes-Maritimes, à Grasse plus exactement.
Grasse, une ville ensoleillée renommée pour être la capitale mondiale du parfum, et entourée par les montagnes, la mer, les galets …
Marcus a eu une formation de géomètre mais il s’est très rapidement tourné ver l’Artisanat d’Art.
C’est donc tout naturellement que son parcours l’a conduit doucement mais sûrement vers le diffuseur Marcus.
Un diffuseur aux lignes épurées qui rappelle à lui seul, la mer et ses galets, les montagnes et ses doux parfums de Provence.
A travers les mains expertes de Marcus, le diffuseur d’huiles essentielles prend forme. Il est sculpté avec soin pour capturer à la fois beauté et fonctionnalité. Chaque étape du processus de fabrication est le travail de nombreuses heures d’essais, de recherche et de réflexions. Depuis le choix des matériaux jusqu’à la finition du diffuseur rien n’a été laissé au hasard dans sa quête de l’excellence.
Sous les mains habiles de Marcus, chaque diffuseur est une œuvre d’art en soi, portant l’empreinte de son créateur et racontant une histoire à travers sa forme et ses couleurs Mais au-delà de son esthétique et de son raffinement, le diffuseur est un véritable outil de bien-être.
Univers familial : Un père au CNRS
Jean Ferdinand Petrucci est un archéologue et historien des techniques français, spécialisé dans l’étude de la céramique, du verre et des pratiques artisanales, notamment en Provence et dans les Alpes-Maritimes. Il est titulaire d’un doctorat en histoire des techniques de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), obtenu en 1999.
Travaux et contributions
Céramique et poterie
Petrucci a consacré sa thèse à l’histoire des potiers de Vallauris entre 1501 et 1945, une étude de référence sur les traditions céramiques de cette ville emblématique de la poterie provençale. Il a également publié des travaux sur des objets spécifiques, comme les pots à raisin, dans le cadre d’expositions sur la céramique à Aubagne et en Provence.
Archéologie régionale
Il a participé à des fouilles dans les Alpes-Maritimes, notamment à Gourdon et Villeneuve-Loubet, où il a étudié des outils de potiers tels que le tournazin, un instrument de tournage en argile. Il a également co-signé des recherches sur des indices d’ateliers de potiers gallo-romains à Fox-Amphoux.
Typologie du verre
En 2001, Petrucci a proposé une nomenclature typologique pour la description des objets en verre, visant à standardiser l’analyse des formes ouvertes (assiettes, bols, verres) et fermées (pots, bouteilles, pichets), indépendamment de leur période ou origine géographique.
Références complémentaires
Son travail est cité dans divers contextes, notamment dans des recherches archéologiques au Québec, où ses études sur la poterie de Vallauris ont été utilisées comme référence comparative pour des fragments de céramique basque.
Si vous souhaitez approfondir ses publications ou consulter ses travaux, vous pouvez rechercher ses ouvrages dans des bibliothèques spécialisées ou des bases de données académiques telles que IdRef ou le catalogue de l’EHESS.
Perché sur sa branche comme dans un nid, le chat gris demeure immobile et serein
Dans ce petit village de montagne, la fête bat son plein. Le chat gris observe tranquillement du haut de son nid, le village en effervescence joyeuse. Il n’a cure des rires et des chants, de la musique qui résonne. Il se perd dans ses pensées, dans son monde de félin où ses rêves s’entremêlent comme des fils d’art.
Voyage à Istanboul… On bosse phore au repos… Octobre 2011.
Voyage à Istanboul… On bosse phore au repos… Octobre 2011.
C’est le journal d’un voyageur dont la nécessité quotidienne était devenue une cécité. Je suis à 4 jours de mon départ en Turquie.
Étrange impression que d’être obligé de quitter mes représentations intérieures. Je suis obligé d’entrevoir mes semblables si différents. Comment font les non-voyants pour se représenter une réalité qui impose ses couleurs, ses formes et un monde émotionnel qui nous échappe.
J’ai une sorte d’appréhension. Je vais monter dans un autobus volant. J’ai tout juste envie d’accéder à cette normalité. Peur que cela n’entame, détruise mon monde intérieur.
Je ne sais pas faire comme tout le monde, à moins que tout le monde fasse comme moi, c’est fort possible. Donc je ne sais pas faire comme tout le monde… voyager banalement.
Ce n’est pas possible de voyager comme ça, comme on consomme banalement, à cause de ce risque grave de ne plus pouvoir voir les choses dans une forme personnelle.
Et, ce qui est personnel est sacré.
L’individualisme c’est notre liberté, on la confond trop avec l’égoïsme. Voyager c’est perdre notre subjectivité, une représentation mentale des choses.
C’est comme si on savait qu’en voyageant bêtement, on allait devenir un imbécile heureux, détaché de sa souffrance repère.
J’ai toujours tellement fait d’efforts pour m’extraire de ma condition de laborieux que j’ai du mal à comprendre que l’on puisse simplement se faire plaisir en devenant voyageur voyeur.
Mes plaisirs dans la vie ont toujours été constitués d’un grappillage de miettes de bonheur. Là cette fois-ci j’ai l’impression de prendre plaisir et de ne pas savoir à qui il faut dire merci.
L’homme que j’étais n’a pas de vision sur l’homme qui sera.
Nous sommes reliés à plein de filaments. Ce sont eux qui déterminent la part de notre vie qui nous échappent.
Nos choix ne fabriquent pas une opposition à ces filaments qui ne sont que les traces mémorielles d’une vie que d’autres ont eu à notre place. Tout cela se transmets par l’invisible.
Sortir et voyager veut dire s’extraire de sa matrice et mettre les pieds en dehors de son cocon. C’est comme entrer dans une réalité inconnue. Grâce à ça on a une base pour raconter des histoires aux enfants qui eux, rêvent de s’égarer dans une forêt. Le conte fabrique la forêt. Les bons contes font les bons amis.
Un avions serait une poule aux yeux d’or. J’aimerai que les avions de lignes soient autre chose… ressemblent par exemple aux symboles respectifs de leurs nations d’origine. Avions Français avec des pattes de coq. Avions Portugais avec des poils sous les ailes. Avions allemand, avec une étoile Mercédès.
Bon en fait au départ j’ai dit une poule avec des yeux d’or à l’intérieur. Et bien non, c’est une caravane volante!
Un camping car. Qui monte en plein ciel avec une sensation assez violente quand on est pas du tout habitué au truc.
Putain, je vais mourir, ça n’en fini pas de monter.
J’ai le vertige. J’ai le cul crispé. Mais ça monte jusqu’où cette plaisanterie? J’ai la nausée, mal aux oreilles. J’ai un vertige abominable. Mal de tête. J’ai la tronche qui va exploser.. Je veux descendre.
Ça monte, ça monte. Heureusement que je n’ai pas beaucoup déjeuné. J’ai chaud. J’ai la tête bouillante.
Je sais que l’avion n’est raccordé à rien. Pas de lien. Ce qui est normal pour les autres est anormal pour moi. Je suis anormal!!!
Ça monte toujours.je deviens claustrophobe. Envie d’air frais et de fenêtres ouvertes. Patrick est le copain qui m’accompagne dans ce voyage inaugural. Il me demande si tout va bien.
Petit geste affirmatif de la tête.
Putain je repense qu’il n’y a rien sous l’avion. Comment peut-on être normal dans une situation pareille. Ça monte toujours. J’ai mal à la tête.
C’est quand l’arrivée? Trace de vertige qui persiste. Rien de grave. Je pense que c’est la peur qui exacerbe les choses. Quelle belle phrase. Le docteur se penche sur son malade et lui dit. Je pense que vous avez peur de mourir. Ce n’est pas grave, ce n’est qu’un cancer en phase terminale. Vous devriez juste changer votre état d’esprit. Tout le monde dans cet engin est calme. Moi-même je donne cette image de sérénité. L’avion, j’allais dire roule toujours avec le nez en l’air. C’est bien connu les avions sont orgueilleux. Une carte électronique nous indique la trajectoire. On a dépassé Reims. Nous naviguons vers le Luxembourg.
Les passagers de ce bel avion déjeunent en altitude.
Pas faim. Nourritures industrielles. Refus poli de ma part à une jolie hôtesse. Pas dans mes habitudes de manger en altitude.
Tout le monde déjeune, boit. Je ne peux pas! Je ne suis pas d’un milieu social élevé. Rien ne culmine dans mes valeurs. Pas de 3D dans ma façon de raisonner.
J’ai juste envie d’arriver. Il fait trop chaud. Dehors notre carte électronique indique qu’il fait moins 32°C. On ne le ressens même pas à l’intérieur.
J’entends un voisin qui dit à Patrick que l’on survole la Suisse. Pas de douane en plein ciel.
Je me souviens des douaniers tatillons quand je passais avec ma vieille BMW 324 sans option et avec vitres électriques en panne à l’avant… les douaniers Suisses n’aiment le charme Français et tous les signes extérieurs de pauvreté… qui ne se voit pas en avion.
En fait ce n’est pas de la pauvreté, c’est du dépouillement lié à une démarche spirituelle. Bref, dialogue impossible sur terre. Alors que là haut les choses sont plus simples. J’ai mal aux jambes. Je pense que c’est ma circulation sanguine. Habitude de la circulation sur terre. Je pense déjà à l’atterrissage. Pas cool d’après ce que j’en sais. Tout ça c’est comme les cours de la bourse, un jour ou l’autre les choses redescendent. Le but étant d’éviter l’impact au sol. L’avion vole toujours le nez en l’air. Je me demande si lorsqu’on descend d’un avions orgueilleux, on continu à avoir le nez en l’air. Un avion qui vole est-il plus léger s’il embarque à son bord des voleurs qui volent.
Je brasse de l’air pour oublier que je suis entrain de voler en toute légalité. Je m’habitue un peu en ce moment à l’idée que je suis entouré d’air. Est-ce une accoutumance?
Je me sens si décalé dans cet univers. Est-ce mes lacunes antérieures qui préparent les postérieurs? Ou l’inverse?
Putain de merde!! Virage sur l’aile en ce moment. Mais… Mais… le temps est magnifique, le paysage par le hublot est quelque peu laiteux. Je n’ai pas l’habitude de regarder les nuages par le dessus. Il y a une phrase qui dit je crois: Les artistes abordent l’éternité en regardant les jours qui passent par le dessus. Plus haut et plus près de toi mon Dieu. Et bien oui! Nous sommes en l’air, dans un avion et donc plus près de Dieu matériellement.
On passe des conneries sur les écrans de télévisions. Des petites histoires drôles pour débiles. La connerie n’a pas de nationalité. Elle se décode même en altitude. Elle est donc partout. Maintenant je le sais.
Vivement que l’on arrive. Je me sens trop à l’étroit. J’aimerai savoir le temps qu’il me reste à vivre en l’air. Non vraiment les blagues sont débiles sur les écrans de télévisions. Les passagers rigolent. Je me dis qu’il faut que je m’habitue. Tout cela est peut-être normal pour un baptême. C’est donc mon deuxième baptême. Pour mon premier j’ai eu une belle marraine de 17 ans. Pour celui-ci aucune hôtesse ne se penche sur moi pour me souhaiter la bienvenue sur terre.
Je pense qu’il y aurait plus de croyants en ce bas monde si on mettait de belles hôtesses de l’air pour les baptêmes. Clemenceau disait que le plus important en amour, et le plus impressionnant, c’est quand on pose le pied sur la première marche de l’escalier qui nous amène là haut. oui là haut…où quelqu’un qui nous aime nous attend.
En avion il n’y a pas d’escalier. On monte direct et on avance le nez en l’air. Je ne comprends rien à ce que dit le pilote dans le micro. Il a peut être attrapé l’ivresse des hauteurs. Une sorte de messe en latin pour initié. De toute façon quand on est perché en hauteur, il ne vaut mieux ne pas avoir de détails sur l’état de l’avion ou sur les états d’âme du pilote.
Je regarde par ce petit hublot. Pas de poissons à l’horizon. À chaque fois que je tente une exploration, je me rends compte qu’il y a de la civilisation sous mes pieds. En cas de chute il y a un accueil possible chez l’habitant. C’est rassurant.
Je me doute que le manque de confiance pour ce qui m’entoure est lié à une méfiance viscérale. Entre la liberté de mon enfance qui n’a pas été validé correctement et ce besoin de maîtrise sur les choses, il y a comme une contradiction. Une distorsion entre ce qui peut vous lâcher et ce qui doit tenir coûte que coûte.
Au loin par le hublot, il y a un océan de montagnes enneigées. Une barrière en bout de plaine. Je réalise que je suis loin de chez moi et bientôt dans un pays étranger. Tous les voyages que j’ai fait jusqu’à présent étaient maîtrisés. Aller retour où l’indice de maîtrise était donné par la fatigue proportionnelle au trajet parcouru. Les heures qui passent sur la route sont le thermomètre progressif qui permet au corps de se positionner dans l’espace et dans le temps.
En avion, il y a l’espace déformé par le temps très court. Encore une peur. La peur de l’inconnue.
On déboule dans un autre univers après une sorte de sommeil.
Imaginons une machine qui déforme l’espace et le temps. On se réveille à une autre époque et pas de retour possible. Voilà comment peut se formuler cette peur de la non maîtrise des choses.
Ha!!!!! L’avion pique du nez. On ne peut pas être orgueilleux à plein temps. Vivement l’arrivée. Et elle est proche, du moins je l’espère.
On roule. Non! Je me trompe, on vole à l’horizontale à présent.
L’écran électronique placé au dessus de nos nez de voyageurs dit qu’il fait moins 38
et que nous sommes à 155 km. L’écran ne dit pas où j’en suis… que j’en ai marre et que j’ai envie d’air frais.
J’ai du mal à comprendre, à intégrer en moi qu’il y a deux heures, je me garais avec ma bagnole dans le jardin de chez Patrick. Deux heures après me voilà dans un univers totalement inconnu.
Et je n’ai même pas la maîtrise de l’anglais!. C’est promis dans une autre vie je m’y mets.
La température dehors baisse, non c’est l’inverse, elle monte. Il fait moins 15, on est à 5000 mètres d’altitude et à 15 km de l’impact… en douceur. J’aime la douceur, les réveils tout en tendresse.
Décompression des oreilles mais pas de l’esprit. De l’air frais! Je veux tout d’abord respirer.
Dehors il y a un océan de nuages. Horrible la descente. Le vertige se réveille à nouveau. Mais je sais que le plancher des vaches m’attends. Oui les vaches en terre inconnue.
Horrible cette sensation de descente. Je commence à comprendre cette anodine expression de descente aux enfers. Je suis un étranger maintenant et je souhaite que l’air frais soit le même que dans mon pays.
Virage sur l’aile à présent. Ville en dessous. Turbulences! Affreux la descente. Les vaches! Je veux voir les vaches autrichiennes!
La première escale vient de passer. J’ai eu droit à un petit supplément de gâteries. Une fouille supplémentaire au corps. C’était juste que j’avais gardé mes bretelles. Sinon à chaque fois que l’on me dit tank you, je pense puissamment… c’est du poulet.
Donc il me reste à reprendre ce maudit avion une deuxième fois pour la suite du voyage. 2430 km. Encore plus long que le coup d’avant. Cette fois- ci je suis contre le hublot. Je vais pouvoir déformer ma joue droite contre la vitre.
Je suis en bonne place pour voir les poissons. Je m’habitue un peu à cette carlingue. Mais le vertige…lui ne me quitte pas trop.
Vision du paysage autrichien qui rétréci. Beaucoup de cultures agricoles. Un gros lac près de Vienne et puis Jésus Marcus monta dans le ciel et tout devint petit.
Les hôtesses passent avec de la nourriture. On mange tard en Autriche comme en Allemagne. Patrick me met en garde. On me propose un rata. Une substance étrange à base de choux, de porc et de je ne sais quoi. Ce doit être ce genre d’alimentation qui a dû leur donner l’accent étranger.
Petite collation entre amis inconnus qui s’ignorent. Ce repas est à l’alimentation ce que le baiser est au salut militaire.
En bas le paysage est montagneux avec encore des nuages trop lourds qui effleurent le corps de l’appareil.
Dans le ventre de la bête ça parle toutes les langues. Avec mon Français impeccable, je me sens embarrassées par mes bras pour pouvoir communiquer. On peut être amputé par ses bras mais à condition de parler anglais.
Virage sur l’aile et nuages qui nous accueillent. Masse cotonneuse non hiérarchisée qui n’attends qu’une armée de bâtonnets pour devenir des cotons tiges. Les sourds ont des oreilles comme tout le monde. Je viens de voir un coton tige tellement gros que je ne sais pas dans quoi il passerai.
A présent il y a un océan de nuages blancs. Ils ont tous des formes très irrégulières. La coupe de cheveux est en dessous. L’atmosphère avec sa pression régulière est un excellent coiffeur.
Personne ne m’a dit qu’il y avait des probabilités de voir Dieu en altitude. Je l’imagine avec sa barbe en coton tige, assis au bord d’un nuage, regardant avec l’œil vague sa création en bas. Pas folichon tout ça!
Si Dieu existe, nous passons bien sûr au dessus de lui en avion. Nous sommes donc obligé de baisser la tête pour voir le haut de son crâne chauve.
Les passagers sont comme dans un autobus. Sauf que l’autobus est à 70 cm du sol. C’est encore ma recherche désespérée de repères. Etre rattaché à quelque chose. Nous fabriquons des liens humains, même avec la matière. Nous avons tous autour de nous une bulle sensorielle et nous prenons en permanence des informations pour nous rassurer.
La confiance c’est une forme d’inconscience qui nous fait oublier de faire remonter dans le conscient des informations dérangeantes.
Je suis trop conscient de tout en avion. Je veux bien être en altitude à 8000 mètres mais je veux que le train d’atterrissage touche le sol en permanence.
Je ne sais pas comment j’étais installé dans le ventre de ma mère. Certainement en moyenne altitude, mais ce ventre était défectueux et je me demandais tout le temps quand ce matériel allait craquer.
Mes première menaces venaient certainement de là. Le ventre de ma mère devait voler sur une ligne africaine avec un pilote autodidacte. L’accouchement? Et bien sans train d’atterrissage!
Dans un avion on est plusieurs à se rassurer, simplement par la présence. On devrait rendre obligatoire les naissances de jumeaux ou de triplets pour augmenter les chances de survie après la section du tuyau ombilical de carburant. L’avions est dans les turbulences. Dieu vient certainement d’éternuer.
Les hôtesses viennent de passer en proposant des cigarettes dédouanées. L’obtention d’un cancer coûte moins cher à l’étranger.
Il fait encore trop chaud dans l’avion. J’ai mal au cœur. Dommage que les escales en plein ciel n’existent pas. Pas de parkings disponibles, malgré l’espace disponible.
Il y a un orage. J’ai la nausée.
Arrivée à l’aéroport : Les taxis sont des Fiat jaunes à essence.
Patrick veut marchander le prix du transport. Il a lu ça dans son manuel de touristes à deux balles. Je sens que c’est pas très diplomatique comme arrivée dans le pays. En plus il y a des compteurs sur les voitures comme en France. La fraude me paraît difficile.
Et puis je m’en fous que l’on se fasse truander si c’est fait dans la limite du respectable.
Patrick a pris beaucoup trop d’affaires. Il doit avoir peur de manquer. Comme les chats, il a dû être sevré trop tôt. La poignée de sa valise est bloquée. Elle est trop courte pour que l’on puisse la prendre avec la main.
Donc pour faire sa rallonge il a pris une chaussette qu’il a attaché à la poignée. Le look n’est pas folichon mais le résultat est bon. Seulement je lui signale qu’il est entrain de traîner sa valise à l’envers, avec les roulettes coté ciel.
Je ne voudrais pas que l’on passe pour des touristes venant d’un pays émergeant. La conduite dans Istanboul est brute de décoffrage. Le code de la route est fait pour les touristes. On passe à 110 km heure devant des radars limité à 50 et il ne se passe rien.
On peut bien entendu rajouter un conducteur qui parle avec son téléphone, plus une absence de ceinture et jamais rien qui se passe.
En France on était tous dans cette situation il y a trente ans. C’est beau la liberté, mais faut faire attention quand on est piéton.
Istamboul est immense. Il y a des turcs partout. C’est l’alsace en plus grand. (Je plaisante).
L’hôtel où l’on crèche est très bien et l’accueil est chaleureux. Mais il ne faut pas que j’oublie que je suis amputé de l’anglais. Donc de la langue.
Mes nausées commencent à passer. Sinon je n’arrive toujours pas à intégrer que je suis aussi loin de chez moi. Istamboul est un port marchand immense. On entend en permanence les sirènes des bateaux.
Déjà en avion on pouvait les apercevoir partout en mer. Si les bateaux sont conduit comme les taxis, il ne vaut mieux pas être nageur.
L’hôtel se situe dans la vieille ville. Du moins je pense que c’est la vielle ville. Je n’ai pas encore de repères.
Les rues sont souvent pavées et il y a plein de restaurants partout.
D’après la météo rumeurs de ceux qui sont passés dans le pays avant, c’est pluie, nuages, soleil, vent.
En fait des choses normales.
Ha! le vent, c’est-ce dernier qui a secoué l’avion et c’est l’avion qui m’a secoué. Effet papillon direct qui a entrainé une grosse nausée limite de sac.
Mais je n’ai pas lâché mon vomi Français. Nationalisme oblige.
L’ami turc de Patrick, qui vit en France nous a donné un contact amical pour notre arrivée dans ce beau pays. Je savais de réputation que les turcs étaient accueillants. J’ai de mon coté aussi et depuis très longtemps un ami turc. Non, nous ne sommes pas comme ces antisémites qui ont tous un ami juif.
Nous avons tous les deux une belle amitié avec deux turcs qui ne se connaissent pas. C’est le hasard de la vie.
Et question amitié, j’ai presque des complexes avec ce respect à la turc, moi qui met celle-ci au dessus de tout.
On devrait ériger en modèle moral le sens de l’amitié et de l’accueil que cette culture détient.
Tout ça pour dire que nous avons été très bien accueilli.
A peine arrivée à l’hôtel grâce à notre taxi jaune, qu’une demie heure après, notre contact était là. Prêt à nous faire une petite visite de la ville.
L’anglais était de rigueur et ma réserve aussi.
Disons que j’arrive à comprendre un échange dans cette langue mais avec mon handicap langagier, si ça se met à courir trop vite avec les phrases, je manque de souffle et j’attrape une tendinite du cerveau.
Donc c’était le soir. On a marché vers le haut de la ville et très rapidement est apparue l’église sainte Sophie presque en face d’une très ancienne et belle mosquée en pierre.
En remontant une rue notre guide amical et Patrick parlait d’orientation géographique. Ils n’avaient pas vu ce petit gamin de 10 ans qui vendait des cigarettes aux touristes et aux locaux.
Il grelottait sous la pluie, assis au sol, en essayant de dormir. J’ai demandé si c’était normal au guide. Il m’a dit que tout était ok. Patrick a aussi de loin survolé l’histoire et nous avons continué la ballade.
Je me demande si cet enfant était un enfant. Ou alors c’était un faux. Un vrai aurait été dans sa chambre en train de dormir.
Ses parents l’auraient auparavant embrassé et rassuré pour son contrôle du lendemain.
Un faux c’est là sans être là. De toutes façons en vendant des cigarettes, ce gosses laissera lui aussi une trace dans l’existence de ses semblables.
Quand à moi il ne sait pas qu’il me laisse une trace bizarre dans ma conscience. Nous avons pris le funiculaire pour aller sur le haut de la ville qui surplombe le Bosphore. Nous nous sommes engagés sur la rue champs Elysée de la ville.
Il y a des marques connues qui cohabitent avec de pittoresques petites boutiques. On y voit une jeunesse turc avide de consommation de produits modernes.
En fait on constate que la modernité flirte avec la tradition… religieuse. Y a-t-il un échange franc et amical entre les deux. J’en doute. Je ne sais pas si les deux sont compatibles.
Je ne sais pas si quelle que soit la religion, le temporel est emboitable dans le spirituel. J’ai entendu dernièrement qu’en Turquie on avait interdit une conférence sur Aristote. Il y a quelques siècles on interdisait au philosophe Averroès de faire le lien entre l’Islam et Aristote. Il a donc été conspué à son époque.
Quand au président de la Turquie actuelle, il a dit officiellement qu’il y avait de grosses différences entre les hommes et les femmes…. Oui c’est vrai sur le plan gynécologique.
Nous sommes allés dans un restaurant branché avec une belle vue sur le Bosphore. Patrick m’a dit que c’était dépaysant. J’ai plaisanté aussitôt en disant qu’ils n’étaient pas des paysans surtout en ville. Elle est pas drôle ma blague lourde?
La jeunesse Turque me fait penser à la jeunesse Française des années 60. Lunettes en montures plastiques, cigarettes, et burger façon Turc.
Cette jeunesse insouciante vit dans un monde très traditionnel. Dans les rues commerçantes, des hauts parleurs instillent bruyamment de la musique.
On peut croiser une femme voilée intégralement et une autre habillée très court et à la mode occidentale. Mais comme je le disais auparavant je ne sais pas si le lapin se cuisine comme la carpe.
Les hommes turques, c’est encore autre chose. On sent que le pays est un pays d’hommes.
Taille moyenne, yeux noirs, cheveux noirs, peau mat dans l’ensemble, mais qui peut contraster avec d’autres blonds, yeux clairs, venus de lointaines contrées sibériennes. La population mâle varie en corpulence. Du bedonnant jusqu’au grand maigre. Bref on va dire qu’il ressemblent à s’y tromper à des humains.
Là encore on sent encore qu’il y a cohabitation entre la chose fine et le brut de décoffrage.
On perçoit beaucoup de fierté Ottoman mêlée à un esprit fin. Mais je sens aussi qu’il ne faut ni les vexer, ni les importuner.
Gare aux touristes amateurs d’embrouilles. Ils pourraient avoir une voix de castrat en rentrant chez eux.
Il est dimanche soir et entre le voyage en avion et ce début de visite, je me demande devant ma carte des menus ce que je vais prendre à manger.
J’ai choisi une paëlla… oui une paëlla! Tout ce voyage pour finir par me rassurer par ce plat bien de chez nous.
La soirée se termine par une invitation à notre guide en France. Il y a de très bonne paëlla dans le sud ouest.
Ce matin j’ai du mal à me réveiller.
Nous déjeunons avec un buffet à volonté. J’ai de la bonne volonté. Je prends un petit pain local. J’ai failli m’étouffer avec cet étouffe chrétien.
Non je ne me convertirai pas à cause d’un pain Turc.
Bon je dois reconnaitre que comme tous les hommes laissés en liberté, c’est-à-dire échappant à la surveillance d’une compagne ou de sa femme habituelle, j’ai fait deux tâches de confiture sur mon pantalon.
Quant à Patrick, je refuse d’avoir le rôle d’une femme avec lui. Tant pis pour le pot de confiture.
J’observais, en mastiquant mon pain local, la télé allumée. Chaines musicales ressemblant trait pour trait aux tv occidentales avec les mêmes critères affriolants pour les femmes et les hommes.
Patrick voulait aller dans un hammam. J’ai dit catégoriquement non! Le ciel de la Turquie et sa météo me conviennent parfaitement.
Pas besoin de micro climat.
Aujourd’hui en ce beau lundi pluvieux, brumeux et venteux, nous avons visité l’église la plus connue au monde et transformée en mosquée.
Quand le pape est venue en 1979 faire une messe, les musulmans dès son départ ont fait une prière pour se réapproprier le lieu.
L’église est magnifique.
Nous n’avons pu pour l’instant la voir de l’extérieur. Elle est extrêmement impressionnante.
Donc nous sommes allés juste en face voir la mosquée bleue. En nous éloignant de la belle sainte Sophie nous avons été z’alpagué par un vendeur de tapis qui en rigolant nous a lancé « Sarkozy, il aime personne et personne ne l’aime ». Nous nous sommes mis à rire.
La mosquée est importante. Nous n’avons pas pu la visiter, elle aussi à cause des prières et du temps réglementé.
On se rattrapera ailleurs. Nous sommes revenus à l’hôtel pour récupérer un peu.
Devant l’hôtel on s’est à nouveau fait z’alpaguer pour du parfum de contrebande. En plus d’être non cosmétique, il n’y a pas d’assistance si on se fait attraper à la douane avec une telle substance magique.
Et encore moins d’assistance thérapeutique, si on se retrouve avec une femme grosse comme une pastèque. On peut toujours accuser le restaurant…
Nous avons changé de quartier vers midi en passant le grand pont du Bosphore. Nous sommes allés manger du poisson sur les quais. Au goût ils sont savoureux. C’est la pollution de 17 millions de Turcs qui sert d’agent de saveur.
C’est-ce qui remplace chez nous les occidentaux le glutamate de mono sodium. Ici le toxique aide les gens à avoir une bonne immunité.
Dans les rues il y a des petits revendeurs partout. Et partout, c’est partout.
Même des étals de robinets de salle de bain, de cuisine sont dans la rue au bord des routes.
Il y a aussi des vendeurs de graines, de parapluies, de papiers mouchoirs et bien d’autres choses qui m’échappent un peu.
J’ai encore revu un de ces gosses que personne ne voit, et qui grelotte théâtralement au sol.
Puisque c’est juste une mise en scène faîte par les roms pour berner les cons dans mon style.
Je maintiens quand même qu’un gosse, ça doit s’abrutir devant son ordinateur et pas faire la pute dans les rues pour le compte d’adultes débiles.
Je suis passé à coté de lui comme si de rien n’était. Mais quand même ma conscience a frémi.
C’est très inconfortable d’avoir une conscience quand on est un touriste; Trop de conscience pourrait faire foirer le voyage.
Je n’en ai pas l’intention.
A présent je voudrais revenir sur les passants, la rue, la circulation automobile. Dans les rues il n’y a pas de plaques de noms de rues, pas de passages piéton. Alors les grands axes c’est un peu comme un sport à risque qu’il faut savoir maîtriser.
Un petit exemple: Un exemple tout bête.
Trois cars pétaradants démarrent en même temps qu’arrive un flot de bagnoles mélangées à une armada de taxi jaunes avec l’avertisseur sonore enclenché.
Le tout à fond car les conducteurs changent de rapport que quand ils sont en zone rouge au tableau de bord.
Toi dans tout ça tu es un piéton qui traverse.
Ça parait simple à écrire c’est parfois compliqué à réaliser sur le terrain. Petit intermède:
Dans la ville régulièrement on entend l’appel à la prière. Tous les hauts parleurs des minarets s’enclenchent et on entend la voie des muezzins.
C’est très impressionnant surtout quand on est habitué à nos vieilles cloches d’églises et au chant du coq.
Donc les piétons.
Il y en a partout, comme des Turcs en Turquie.
Beaucoup d’hommes et nettement moins de femmes. Où sont-elles? Au fourneau? comme dans les années 60 en France.
Oui on sent vraiment que c’est une société d’hommes.
J’ai l’impression qu’ils n’aiment pas trop mes cheveux longs. A part les cheveux je ne vois pas ce qui peut me différencier d’un Turc.
Sur le pont, celui qui est très grand, , il y a une foultitude de pêcheurs. On peut me rajouter comme grand pêcheur.
Il y a des humains partout.
Istamboul est une fourmilière. Ça grouille de partout.
J’ai constaté qu’il n’y a pas d’alcooliques, ni de déviances comportementales. Je n’ai pas dis que ça n’existait pas.
Je dis qu’il n’y a rien de cet ordre là dans les rues. Contrairement à nos villes civilisées.
Les Turcs boivent un peu de bière mais surtout beaucoup d’eau.
Les mosquées sont là et il ne peut y avoir de proximité entre les liquides euphorisants et la pierre sacrée.
Il y a de l’eau partout, dans les magasins, sur les trottoirs. Les repas sont dans les restaurants très équilibrés.
Salades, poissons, yaourts très spécifiques et viandes maigres.
Quand on lit les philosophes grecs, ou les pré socratiques, cela se passe 6 siècles avant jésus christ, on voit que ce ne sont pas les Ottomans qui ont éduqué culinairement les grecs mais l’inverse.
Les desserts sont succulents mais font quand même pas mal de dégâts collatéraux sur la silhouettes des femmes. J’ai proposé à Patrick de sortir des sentiers battus et du balisage pour touriste classique.
Nous avons traversé un quartier pauvre pour rejoindre une belle mosquée.
Nous sommes dans un décor d’après guerre qui rappelle la France de cette époque. Il y a un mélange de petites entreprises et de boutiques atypiques.
On travaille au lapidaire en pleine rue, envoyant des étincelles partout. On fait du commerce de graines, de câbles, de fournitures en tout genre.
Tout se mélange dans un lieu où des maisons en dur s’appuient contre des bâtiments en bois près à s’effondrer.
Je me planque un peu pour faire des photos de poubelles, de gosses de rue. Il y a des petites mosquées en miniatures, adaptées et en proportion aux maisons. Elles sont réparties sur la surface de la ville. Le maillage est serré.
Quand tous les hauts parleurs s’enclenchent, c’est la cacophonie intégrale. Les voitures sont en surnombre.
Il doit y avoir plus de voitures que d’habitants.
Je ne sais pas comment un étranger pourrait rouler dans une ville où il n’y a pas de signalisations dans les rues adjacentes, où les rues qui sont faîtes pour des sens uniques fonctionnent à double sens et où les trottoirs servent aux voitures à se croiser.
Globalement il n’y a pas d’agressivité chez les conducteurs. On fait du bruit avec son avertisseur sonore mais on reste fataliste devant la complexité du problème. Du coup on peut dire que ça fonctionne bien.
Les quartiers pauvres sont impressionnants.
Les habitants nous voient sans nous voir.
Patrick regarde une vitrine. Moi je vois trois jeunes qui ne dévient pas de leur trajectoire.
Celui du milieu lève les mains en l’air et avec son coude me met un coup à l’épaule. Il rigole.
Patrick n’a rien vu et moi tout senti. C’est peut- être une façon de nous dire que nous sommes pas les bienvenus.
C’est un pays où il y a beaucoup de jeunes. Ce petit incident n’est pas très grave. Je suis fataliste comme les Turques en voiture.
Nous sommes arrivés à cette belle mosquée.
Architecture très sobre.
Un restaurant juste en face porte le nom de Mimar Sinan. C’est l’architecte qui a retravaillé les mosquée en se servant de l’architecture Byzantine et chrétienne. Devant la mosquée il y a un monde fou. Tout le monde docilement prend un sac en plastique pour mettre ses chaussures dedans. On se promène à l’intérieur des bâtiments avec son sac à la main.
A l’intérieur c’est sobre et somptueux. Les coupoles sont majestueuses, décorées finement.
Toutes les femmes touristes sont obligées d’être voilées.
Dès qu’un homme pose ses fesses au sol pour se reposer sur de très beaux tapis, un vigile le fait se relever.
Il règne à l’intérieur un silence respectueux.
Il y a un espace dans un coin réservé à la prière des femmes. J’observe discrètement une femme voilée en train de prier.
Elle est très consciencieuse dans ses paroles, dans son attitude.
On ressort très impressionné par le lieu. L’extérieur du bâtiment est majestueux. Juste en face du bâtiment il y a ce fameux restaurant au nom de l’architecte. On se fait z’alpaguer devant pour aller boire quelque chose.
Je prends un thé local que j’adore et Patrick un café Turc. J’ai remarqué que beaucoup de couple avait de gros différentiel d’âge.
Cela a l’air de faire partie des choses normales. Les couples ont l’air très liés et sont très joyeux. A coté de nous pendant que nous buvons le café il y a un jeune couple qui mange des haricots cuisinés.
Il doit être 4 heures de l’après midi.
Je me dis que les haricots bien cuisinés aident les couples à mieux communier. Le pays est très étonnant.
Il y a quelque chose de très subtil et en même temps, on sent qu’il ne faut pas trop déconner avec eux.
En gros il ne faut pas un grain de sable dans la machine. Ce que je reconnais en eux c’est-ce que je connais bien en moi. C’est la part occidentale qui nous est un peu commune par le jeu des influences culturelles.
L’ambiance est très complexe.
On ne peut pas résumer un pays à quelques stéréotypes. On le peut encore moins avec un tel pays.
La fierté de ce peuple est angoissante mais elle est mêlée à une richesse intérieure qui me fascine.
En voyant vivre ces gens je trouve que l’occident est très ramolli, ayant un peu perdu ses propres repères dans un consumérisme idiot.
Peut-être que les occidentaux auraient beaucoup à y gagner à aller faire un stage d’observation dans ce pays où on se bat tous les jours pour sa survie.
Et de voir que le grand désordre apparent cache une belle organisation. Il serait intéressant de montrer comment ces gens avancent, entreprennent sans aucune sur réglementation.
Les occidentaux devraient arrêter de pleurer sur leur sort en cherchant des coupables coûte que coûte.
En fin de journée quand nous sommes revenus à l’hôtel, je me suis précipité aux chiottes. Il n’y a aucun vaccin contre la liquidation des biens intérieurs.
Mardi:
Le téléphone sonne et je ne décroche pas. Je suis un mauvais décrocheur. Les avions
sont comme moi, ils décrochent difficilement. Heureusement aujourd’hui c’est mardi. Demain ce sera super, ce sera mercredi. Bref on est à mardi.
Nous sommes retourné à la mosquée bleue, bleue à cause de ses vitraux à l’intérieur. Nous avons pu visiter l’intérieur. Tout est vraiment somptueux et avec des dimensions extravagantes.
Les coupoles sont toutes décorées avec des peintures aux couleurs vives. Il y a des gardes partout.
De grands lustres partent d’en haut et descendent à hauteur d’homme. Ces lieux de cultes sont pour moi des entonnoirs à énergie. Les forces venant du cosmos viennent se concentrer en des lieux précis.
L’image que j’en donne est donc une sorte d’entonnoir. C’est l’histoire des hommes qui a construit et donné une forme aux églises et aux mosquées.
Ces lieux transforment cette force cosmique d’une certaine manière.
Le rituel des hommes puisent cette énergie et envoient de la reconnaissance à cette infinie complexité des choses.Disons qu’entre les récits, les lieux, les textes et le ciel, un courant passe, se met en forme puis tout se calibre par la foi. Je pense qu’il y a des âmes qui n’ont pas besoin d’avoir la foi et encore moins besoin d’un rituel et d’un récit.
On est pas obligé de passer par ces lieux pour avoir foi en la vie.
Ensuite nous sommes partis visiter de l’intérieur la belle église sainte Sophie transformée en mosquée.
La hauteur et la dimension sont énormes. Coupoles de plus de 20 mètres de diamètre et plus de 40 mètre du sol au plafond.
Cela fait faire un bon exercice aux cervicales. Regarder les dessous de Sophie est excellent pour l’arthrose cervicale. Nous n’apprécions pas du tout la transformation de l’église en mosquée.
Cela n’est pas esthétique et donne une impression de conquête d’un monothéisme sur l’autre.
Mauvais réglage du diamètre des entonnoirs.
En étant un peu sévère, cela fait penser à un viol de sainte Sophie. Le lieu est magnifique sur le plan architectural.
A la sortie on se fait z’alpaguer à cause de mon blouson en cuir. On se retrouve dans les ateliers d’un fabriquant et dans une ambiance douteuse ou on nous veut nous vendre des blousons et accessoirement des tapis.
J’apprécie pas le forcing.
Un des vendeurs me montre des cartes postales que des clients lui ont envoyé. Elles sont toutes rangées selon les pays d’origine. Elles sont sensées apporter de la crédibilité aux produits que les touristes ont acheté à cette boutique.
Le vendeur me sort quelques mots en Français pour me mettre en condition. Il est très fier de tous ces compliments écris.
Je prends le temps de lire les cartes pendant que Patrick parle en allemand avec notre z’alpagueur qui a vécu dans ce pays.
Je remarque que les cartes n’ont jamais été décryptées car les textes montre que ce sont des gens plutôt insatisfaits qui écrivent.
Les manches ont craqué, la doublure n’a pas tenue, etc. … On finit par sortir indemne.
Je dis à Patrick que si au lieu du blouson que je portais sur moi j’avais eu un vêtement de pluie, on se serait retrouvés chez un vendeur de parapluies ou d’imperméables.
Dans la ville il y a des chats partout.
De toutes les couleurs. Les chats sont très respectés.
Midi on se fait z’alpaguer par un rabatteur devant un restaurant. Et bien sûr on ne mange pas où on devait manger.
En plus pour moi la digestion est difficile. Trop gras cette fois- ci je crois. L’après midi on prévois la visite d’un musée archéologique. Le lieu est sympas. On démarre avec la Perse et on passe à l’histoire gréco romaine.
Les statues avec les drapés sont finement ciselées.
A la sortie de ce bel endroit on se laisse lentement glisser vers le grand bazar. Je dirai respectueusement, le grand bordel.
Il y a un monde fou. Ça grouille dans tous les coins. Ce sont des halles couvertes remplies de petits magasins.
Bijoux, maroquinerie, pulls, lampadaires, boites décoratives et plein de choses que je ne peux retenir tellement il y a de trucs.
La distance de ces halles est énorme et la quantité de magasins incalculable. Après un bref calcul je me dis qu’il doit y avoir 3 ou 4 fournisseurs pour l’ensemble du quartier car c’est toujours les mêmes qui reviennent.
On reste dans ce lieu un bon moment en apnée. L’après midi tire à sa fin.
Retour.
On est crevé! Archi crevé!. Et on se fait encore z’alpaguer.
Ce soir on a décidé d’aller manger sur le Bosphore. On mange bien et l’ambiance est excellente.
La vue est magnifique.
Sur le retour alors que la soirée est bien entamée, Patrick me fait remarquer que la lune est pleine, grosse et superbe. Elle est juste au-dessus du pont.
Je lui dit que ce sont les autorités du pays qui l’on faîte accrocher là, juste pour épater les touristes.
On rentre tranquillement à l’hôtel.
Sur une passerelle qui nous permet de traverser une grosse route à double voies, on entend en hauteur, assez haut sur les toits un restaurant qui passe de la techno musique.
Je dis à Patrick en plaisantant que les barbus ne seraient pas contents s’ils entendaient ça.
Il me réponds que c’est peut-être eux qui font la fête.
On rigole. Mercredi matin:
Ce matin Patrick me dit qu’il met une chemise bleue en croyant que c’est la couleur de l’espoir.
Je lui dis qu’il se trompe, que c’est le vert la couleur de l’espoir, le bleu c’est la couleur des cocus.
Il rigole pas.
Après un bon déjeuner on se prépare.
Je mets deux pulls et mon gros blousons épais qui me sert de protection contre ceux qui combattent en douceur les pas bienvenus.
Nous sommes donc partis pour visiter le musée de la mosaïque. Les petits carrés de céramique qui constitue une mosaïque sont les ancêtres des pixels en informatique. Les fresques romaines sont extrêmement bien conservées. Dommage que ce musée soit un peu petit et un peu cher. Il n’a rien à voir avec le précédent sur le monde gréco romain. D’ailleurs on a aussi prévu d’aller voir un musée sur la perse. Non sponsorisé par une marque de perceuse.
Après le musée de la mosaïque non loin d’un grand bazar assez chic, on reprend notre ballade dans les rues bondées de passants.
Aujourd’hui on a de la chance, il fait un temps magnifique. Tellement beau qu’on se croirait en Turquie. Dans les rues les Turcs sont très souples et évitent tous les obstacles. Par exemple, calmement avec un petit geste discret, ils peuvent vous dire de vous écarter…
et quand on se retourne pour comprendre pourquoi, on est à 5 seconde de l’impact avec un tramway ou avec un bus. Dans les rues il y a plein de petits métiers, j’en ai déjà un peu parlé.
Derrière ces petits stands il y a autant de jeunes gens que des vieux.
Il y a aussi des stands liés à la tradition séculaire du pays. Souvent je suis un peu tendu quand je me déplace au milieu de tout ce monde .
Il faut toujours éviter quelque chose ou quelqu’un.
Il ne faut pas froisser les gens par inadvertance. Je suis très attaché à ces valeurs là. C’est un code de bonne conduite.
C’est un peuple poli et c’est une chose que j’apprécie beaucoup.
En France j’ai une manie, un tic drôle. Je garde mes aditions de caisse quand je vais acheter quelque chose.
Ensuite à d’autre moment je les torsade en long et je les passe autour de mon annulaire. Un tic qui rassure, comme tous les tics.
A Istamboul j’ai dépassé en 5 jours ma consommation annuelle.
Sinon, il y a aussi beaucoup de magasins de chaussures avec des z’alpagueurs professionnels, donc courtois, devant les entrées.
Les prix à la vente sont moins élevés qu’en France. Nous marchons pas mal de kilomètres.
Les façades d’immeubles sont en verre et couvertes de publicité. Pas de partout mais il y en a quand même pas mal.
Les hommes sont très délicats avec les femmes mais de là à savoir si ces dernières sont libres, je ne sais pas vraiment.
La différence d’âge entre les sexes est notable. Les critères physiques pour la séduction semblent eux aussi différents des nôtres.
Les femmes sont belles, jeunes, rondes souvent, car le sucre, lui, semble compatible avec les esprits féminins.
Beaucoup de jolies femmes sont avec des hommes très corpulents et dotés de barbes rase de plusieurs jours.
Ils ont toujours des vêtements impeccablement repassés. L’inverse de moi, c’est ma technique personnelle pour séduire…
On voit sur mes chemises la trace du fils de l’étendoir. Les femmes semblent heureuses et très bien protégées.
De toutes façons on a pas envie de laisser traîner un regard d’occidental en coin. Simple respect bien sûr.
Dans les rues et pour revenir encore une fois sur les petits métiers particuliers, on trouve de drôle de chose.
C’est sérieux.
Un aveugle est assis sur le trottoir devant un pèse personne. Oui, l’engin qui donne le poids.
Je ne sais pas si la balance est juste ou si c’est l’aveugle qui donne le bon chiffre. Tout est une question de confiance.
On nous propose souvent à la sauvette du tabac de contrebande.
Sur les grands axes où voitures et tramway se croisent, on voit des camions Dodge très rustiques fait pour les montagnes anatoliennes.
13 Heures:
Tous les hauts parleurs des minarets s’enclenchent. Ça fout la trouille quand on est pas habitué.
Beaucoup de motards passent à vive allure sans casque.
Il me semble qu’il n’y a pas de compatibilité entre un Turc et la sécurité routière. Le Turc représente la sécurité.
Nos pieds avec cette ballade commencent à se syndiquer. On va dans un restaurant au bord de la mer.
Ambiance feutrée pour le service. Les prix des plats proposés doivent inspirer la prudence.
Il faut pour la note finale un petit épluchage des comptes car le cours du poisson est variable entre le début et la fin du repas.
Sur les tables des autres clients, eux Turcs, il n’y a souvent que de l’eau. Je n’ai jamais vu de bouteilles de vin. Quelquefois de la bière nationale. Efès.
La soirée est très agréable.
On entends beaucoup de musique de variété française des années 60. Ensuite on longe les quais.
Il y a beaucoup de voitures garées avec à l’intérieur et dans le noir, des hommes immobiles. Peut-être pour la méditation. Ça fait bizarre.
Sinon on sent qu’il n’y a rien de perméable entre les touristes et les locaux. Juste une histoire de commerce.
Aucun tags sur les murs, sur les palissades. Et cela, même dans les quartiers défavorisés.
Nous revenons au point de départ en longeant des glissières de sécurité faîtes avec des câbles d’acier. Moi qui suit motard, je frémis un peu.
Peut-être que dans ce pays musulman les choses sont bien faîtes. Seules tombent les têtes des mécréants imprudents.
Il y a dans les rues de la musique. Les instruments et les chants sont superbes. La langue Turque est belle et quand elle est chantée, c’est encore plus beau. La musique est partout.
On a l’impression que c’est les climatiseurs qui servent de hauts parleurs. Cette fois- ci on mange dans un quartier populaire.
Le patron du restaurant est chaleureux. L’alcool dans l’établissement est interdit car le quartier est trop près de la mosquée.
Je pense que la Turquie est une république Islamique avec des valeurs très différentes de celle de l’occident.
C’est un point de vue personnel.
Je pense que je ne pourrai pas y vivre à l’année car la culture est trop dense, trop précise avec des codes complexes. Il faut y être né pour comprendre.
Bref on mange dans ce restaurant et c’est bon. Le patron et les serveurs sont d’un dynamisme qui m’étonne. Je me fais un peu ami avec un serveur qui est arménien.
Il me fait comprendre que ce n’est pas facile de parler de certains sujets. Les turcs ayant foutu tout le monde dehors. Il est très amical et dynamique.
Je pense à ma belle France, amorphe, déprimée qui cherche inlassablement ses coupables et qui fait grève par tradition grâce à des syndicats mafieux. C’est peut -être ma France qui est coupable.
Je prends des plats qui ressemblent aux recettes grecs. Très savoureux et plein de légumes en sauce.
A une table de restaurant quand on est assis, ou quand on se promène, il faut une gestion rigoureuse de la trajectoire des yeux.
Ne pas rester fixé dans le vague sur un quelconque regard. Il faut survoler en permanence sans faire de vols stationnaires.
Il y a beaucoup de Turcs partout. Les regards se croisent tout le temps. Ce soir nous allons au Turkich danse night.
Spectacle de derviches tourneur et ensuite de danse du ventre.
Pour y entrer il y a une coursive étroite. Beaucoup de monde en attente. La patience et la tolérance graisse les rouages. Pas d’autres choix en Turquie.
Le spectacle se déroule dans une citerne en briques.
Les chaises sont en rond sur plusieurs cercles concentriques. La scène est éclairée par le dessous.
J’espère qu’il y aura ensuite comme prévu de la danse du ventre. Je crois que le spectacle dure une heure et après ce sera plus amusant.
C’est la seule façon de voir de jolies femmes en mouvement sans risquer quoi que ce soit sur le plan vocal.
Au fond de la citerne, il y a les musiciens avec leurs instruments traditionnels. A corde et à vent.
Musique très fluide et ondulante. Le spectacle est trop traditionnel. Lent et long.
Patrick s’endort et je ne peux pas en faire autant par solidarité.
Les derviches font une belle prouesse physique sur fond de chants très religieux.
1 heure de tournage et pas une fille à l’horizon.
Rien!
Juste ces hommes qui tournent en rond et pas un empêcheur de tourner en rond pour changer le rythme.
Alors on somnole respectueusement en attendant la faim. Ça creuse l’ennui.
Aucun spectateur n’a fait un commentaire en sortant. On est sorti et on s’est dirigé tout de suite vers une pâtisserie.
Je fais remarquer à Patrick le taxi qui roule à vive allure avec au moins 7 passagers à son bord.
Qui peut faire mieux sinon un africain ou un indien. De temps en temps passent aussi de somptueuses voitures de luxe.
Elles brillent de mille feux, plus fort que les lampadaires. On rentre. Il y a un faux dicton Suisse qui dit qu’au-delà de Sandoz, il y a surdose. Jeudi:
Matin, il y a toujours un matin dans une journée. Après le petit déjeuner habituel. Une polémique avec Patrick.
Je lui explique qu’une belle voiture, contrairement à la France, n’est pas en danger la nuit, même dans les quartiers défavorisés.
Il n’y a pas cette jalousie mesquine qu’il y a en Europe. J’ai remarqué que les voitures étaient le symbole de la réussite. Pas un objet de convoitise sans faire d’effort.
Ce n’est pas parce que les nouveaux riches sont d’anciens pauvres qu’ils n’ont plus aucun liens avec leur classe d’origine.
J’ai vu souvent dans ces fameux quartiers en ruine des parkings remplies de bagnoles déglinguées où étaient aussi garées des voitures de luxe. On voit que le lien existe entre toutes les classes de la société.
C’est vrai qu’il existe aussi une bourgeoisie éclairée et un peuple qui vit à la bougie mais il n’y a pas contrairement à chez nous de barrière étanche.
Les pauvres en Turquie sont moins pauvres psychologiquement que nos pauvres occidentaux assistés.
Un cireur de chaussure nous dit que cette année il y a eu moins de touristes et qu’en plus on lui discute les prix de façons insultantes.
Pour passer à autre chose. J’ai remarqué dans le ciel d’Istamboul qu’il n’y avait quasiment pas d’avion. Etrange de voir un ciel vide sans aéronef.
A midi on est retourné au même restaurant que hier soir. On nous a fait goutter la soupe avant de nous la servir.
Oui, tout est fluide et rapide. Ensuite repas de légumes.
Après il y a le bateau et j’espère que tout ce que j’ai mangé ne va pas nourrir les poissons du Bosphore.
On verra.
Je repense à ce restaurant sur le bateau.
Les enfants travaillent, se placent pour ne pas gêner, s’esquivent écoutent. Je pense aux gosses de la France, aux miens aussi.
Exigeants, égocentriques, indomptables.
Bientôt il faudra faire une école de cirque pour pouvoir contrôler la situation. Je vais envoyer mes deux fils faire un stage de restauration en Turquie. Bon, je me calme.
On est sur le bateau. Un car nous y a emmené. J’ai déjà mal au cœur. Ça prouve que j’en ai un.
Sur les bords du Bosphore, on voit de somptueux palaces.
Si notre hôtel en ville a 3 étoiles ceux-là en ont au moins 28. Ha oui! je voulais faire une parenthèse sur l’hymne national de la Turquie.
C’est un air joué avec un instrument spécifique. On l’entend partout.
Dans les rues, quelles soient riches ou pauvres, dans les palaces, dans les hôtels, sur les places.
C’est un air qui crée la cohésion du pays. L’instrument de musique s’appelle la disqueuse.
Ou plutôt le lapidaire (qui ne sert pas à la lapidation bien sûr.) La disqueuse à tronçonner les métaux.
On l’entend partout.
Il y a aussi beaucoup de drapeaux Turcs sur toutes les façades de maison.
Sur les rives du Bosphore, il y a un mélange de maison luxueuses et de bâtiments modestes.
Là encore on comprends qu’il n’y a pas de frontière comme en France entre les classes sociales.
La météo nous gâte. Mon mal de mer aussi. Tout va pour le mieux.
Le bateau ça ressemble à l’avion sauf que l’avion flotte en plein air.
Je vois sur le pont de notre bateau, une très vieille dame complice avec sa petite fille. Elles sont françaises. Leur relation est très belle.
Mon vague à l‘âme est là, mélange de nausée et de mélancolie. Les deux vont bien ensemble.
Je me sens un peu hors du temps.
Demain c’est le dernier jour hors du temps, hors de ma peau habituelle. Quand je rentrerai, je retrouverai mon corps et après mon esprit.
MARCUS PETRUCI
Le 27/12/2011
Les sculptures
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Les tableaux
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